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29 Mai, Sainte Ferme.

         Nous partons tous à sept heures, deux kilomètres plus loin nous ne sommes plus que trois, les Hollandais et Gérard courent devant.

Belle journée pour  marcher, le ciel est couvert, il fera moins chaud, nous  avançons  parmi  les vignobles. Dans  un petit village  charmant, « les levés de Thouméragues » C’est son nom, nous prenons une photo de l’église, Ineke et moi  décidons de nous reposer  un peu et nous sortons notre casse croûte.

José  nous quitte là, il veut arriver à La Réole qui sera notre étape de demain soir, il ne marche pas vite, mais  régulièrement et ne s’arrête pas,  il a prévu quarante kilomètres par jour, bises. Adieu José….. C’est dommage, il était gentil, je l’aimais bien. Nous aurons de ses nouvelles sur les livres d’or ou il laisse des messages. Les livres d’or sont des liens entre les pèlerins. Cela nous permet de garder le contact et quelques fois de se donner des rendez-vous,  de s’attendre  pour  refaire  un bout de chemin ensemble ; ou simplement  de se revoir à une terrasse de café ou de partager  un repas.

Quelques kilomètres plus loin, nouvel arrêt, une petite faim nous stoppe devant une propriété viticole. Nous posons nos sacs sur un muret, un monsieur âgé sort de sa maison et quelle maison…

Il nous invite à entrer et nous offre un café et des gâteaux, il nous raconte sa vie. Il est italien et il est arrivé en France à quatre ans. A force de volonté et de travail il a réussit à monter une affaire, il avait cent cinquante employés.

Il a vendu son entreprise à la retraite et il a acheté cette propriété avec quarante-deux hectares de vignes d’un seul tenant.

Veuf depuis trente-deux ans et sans enfant il s’ennuie ; quand des pèlerins passent, il aime bavarder un peu et raconter des histoires belges, après la nième blague, sa femme de ménage arrive et nous libère.

Nous continuons notre route.

Accueil chez l’habitant, dans un « château » au  milieu d’un vignoble de quarante hectares. Gérard est déjà là et prend la  direction des opérations, il a choisi nos chambres et  nous prie de prendre notre douche tout de suite ; après il  a  prévu  la visite d’une petite église dans le village.

 Alors là c’est trop, l’église, je n’irais pas, c’est dommage elle était très  bien parait-il. Je décide de faire de  la résistance, je  n’ai pas envie qu’il décide pour moi. Je  l’ai  entendu téléphoner et retenir un gîte pour demain sans nous demander notre avis !

  En accord  avec Ineke nous prévoyons de faire quelques kilomètres de plus, je retiens deux places chez des accueillants à la Réole.  Dès qu’il l’apprend, il s’empresse de décommander le premier pour avoir une place avec nous ce qu’il obtient. Il m’énerve, il sait tout, il a tout vu (même le Pape, lors d’une mission de protection rapprochée) Hum ! Je veux bien…..

Nos hôtes d’un soir ont plus de quatre-vingts ans, ils sont charmants et ne savent pas quoi faire pour nous être agréable. L’hygiène n’est pas leur priorité, ce qui épouvante Ineke.

Le « château la Rigalle » n’a pas changé depuis sa construction  en mille huit cent quarante, rien n’a changé même pas la cuisine avec un évier en pierre et sa cheminée. Dans la salle il y a quand même une gazinière et une télé. A l’étage une salle de bain mais il faut gratter la couche de dentifrice, je suppose que c’est du dentifrice, sur le lavabo pour en voir la couleur et je n’exagère pas ou si peu ….

Dans la chambre que je partage avec Ineke il y a un paravent et derrière un tout petit lavabo et … un seau hygiénique, ma Hollandaise en est malade, elle n’a jamais vu ça, nous préférons utiliser les toilettes. La chambre de Gérard est immense il y a trois grands lits et des grandes armoires de campagne, dommage que tout cela ne soit pas entretenu.

Le soir à table le monsieur nous parle de sa région, de son métier, la vigne, et il nous fait goûter son vin.

Sa femme nous sert une soupe consistante, ils font « chabrot », Ineke veut goûter : cela lui plait et elle en redemande. Elle semble avoir oublié l’hygiène jusqu’à ce que la dame donne la casserole avec le reste de soupe au chien, elle n’a plus très faim….

 Des côtes de porc nous sont servies avec une purée d’ail et des pâtes, c’est délicieux, le fromage de chèvre est accompagné de confiture de cerises noires, et les fraises sont du jardin.

Un alcool est offert à Gérard qui ne refuse pas.

Après une bonne nuit de repos dans nos lits antiques et un petit déjeuner consistant. Merci à ces gens charmants qui nous on reçus en toute simplicité et nous reprenons nos sacs et nos bâtons.

 

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30 Mai, La Réole.

           Comme d’habitude, nous partons ensemble, mais un kilomètre plus loin Gérard s’est déjà évanoui dans la  nature.

           A midi repas dans un jardin public à l’ombre de grands arbres ; des oies en liberté viennent  réclamer une dîme que nous leur octroyons généreusement. Je dis à Ineke qu’elles sont de futurs confits, elle est plutôt poisson, et n’aime pas cette idée de gaver les oies.

Une fontaine nous permet de nous rafraîchir et de renouveler notre eau chaude par de la fraîche, allons, il faut repartir si nous voulons arriver au gîte avant quatorze heures car il fait chaud.

Nous cheminons sous un soleil de plomb, nous passons devant un potager ou une dame d’un certain âge bine une planche de haricots malgré la chaleur. Elle nous interpelle et nous propose un café ce que nous ne refusons jamais, c’est gentil et il ne faut en aucun cas décourager les bonnes volontés.

Nous l’accompagnons chez elle, un pavillon au milieu d’un jardin très bien entretenu, elle nous apprend qu’elle est veuve depuis dix ans et elle entretient ses jardins elle-même, sans aide, au grand dam de ses enfants car elle a le cœur malade.

Nous la sermonnons un peu, on ne bine pas un jardin a treize heures en plein soleil quand on à des problèmes de santé, ce n’est  pas sérieux….

Madame R……… est italienne, elle est arrivée en France à l’age de quinze ans. Elle ne sait pas écrire, cela lui manque, à soixante-dix ans elle a des tas de souvenirs qu’elle aimerait rassembler pour ses petits enfants. Un témoignage d’une vie pas facile dit-elle. Visite du Jardin, cueillette et dégustation de fraises,  une bise et encore un adieu.

Nous arrivons à La Réole, chez Monsieur et Madame Moreau à quinze heures trente, Gérard n’est pas encore là, que lui est-il arrivé ?

Nous devons faire vite, douche et lessive car nos hôtes doivent aller garder leurs petits enfants quelques heures. Ils ont un énorme berger des Pyrénées qui n’est pas commode et il vaut mieux que nous ne restions pas avec lui, il ne nous connaît pas, je suis d’accord, allons visiter la ville.

 Oui mais avant nous devons prendre le temps de visiter la grotte de Lourdes dans le fond du jardin ; Michel Moreau y est allé plusieurs fois en pèlerinage et il à reconstitué le site à l’échelle, tout y est, pour les miracles je ne sais pas je ne lui ai pas demandé (humour).

Promenade dans la ville qui est très belle, ballade sur les esplanades au-dessus de la Garonne, boisson fraîche à la terrasse d’un café, visite de l’église qui est à voir, vraiment. Sur le parvis, en sortant nous croisons Gérard, il nous dit qu’il a fait une sieste à l’ombre et qu’il n’a pas voulu marcher sous le soleil. Il est dix-neuf heures nous retournons chez Odette et Michel, ils sont arrivés et ils nous offrent l’apéritif pour se faire pardonner.

Nous aidons Odette à préparer le repas tout en discutant de nos motivations et de l’espérance que nous avons d’arriver à Saint Jacques. Peut-être partiront ils un jour mais ils ont encore un jeune de quinze ans à la maison, alors….Il faut attendre quelques années.

Michel était charpentier, nous discutons bois, il a fait une très belle bibliothèque en chêne sur tout un pan de mur ; l’intérieur de la maison est habillé de panneaux de bois moulurés, ce qui donne une atmosphère chaleureuse.

Gérard qui sait tout lui donne des conseils sur la façon de travailler et d’entretenir le bois… il m’énerve,  il m’énerve….

Ce sont des gens généreux et sympathiques, chez eux pas de tarif, tu donnes ce que tu veux ou ce que tu peux. Un copieux repas avec des biftecks énormes nous retient à table jusqu’à vingt-deux heures, ce qui est tard pour nous qui nous nous levons à six heures.

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