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13 Mai, Issoudun, Sainte Fauste.
Départ
à huit heures, il a plu cette nuit, ce matin le ciel
est dégagé et la journée s’annonce belle. Sur une
aire de repos, il y a une carte du département de
l’Indre que je m’empresse de consulter. Je prends la
décision d’aller jusqu'à Sainte Fauste où il y a un
accueil chez l’habitant. Demain il me restera vingt
kilomètres pour dormir à Ardentes, il n’y pas de
gîte, je téléphone pour retenir une chambre dans
l’unique hôtel c’est plus prudent.
Merci Sonia de m’avoir donné ton téléphone portable,
je n’en voulais pas ; je dois avouer qu’il m’a rendu
de nombreux services et maintenant je suis accro,
plus jamais sans mon portable…..
J’arrive à Issoudun au moment où le ciel ouvre ses
vannes, un vrai déluge ; je décide de manger
au restaurant et d’attendre que le soleil revienne.
Il est
midi, je rentre dans un petit resto, il n’y a
personne mais sur toutes les tables il y a du pain
et du vin. La patronne me loge dans un petit coin,
le temps que je pose mon sac et que je commande mon
menu, il n’y a plus une place de libre : que des
hommes ! ils ne font pas attention à moi,
pfutt !.... Jusqu’à ce que, ayant terminé mon repas
et le soleil étant revenu: je prends mon sac, et là
je redeviens visible et j’intéresse ces messieurs.
Les questions fusent, vous allez loin ? C’est loin
St Jacques ? Toute seule ? Vous faites combien de
kilomètres par jour ? Vous n’avez pas peur ? Pas
rancunière, je réponds avec le sourire et je suis
assez contente de « l’admiration » que je suscite.
Peut-être serais-je à l’origine de nouveaux
pèlerinages….
Sur un petit nuage, je continu ma route, le soleil
est là, fidèle.
J’arrive à « La Tripterie » à dix-sept heures, C’est
une belle grande ferme, le fermier est là, la
quarantaine. Il m’accueille avec un sourire, prend
mon sac et me conduit à un mobil home qui sera mon
gîte pour ce soir. Il m’apporte des œufs, du pain,
des yaourts, des fruits. Ah ! Aussi des draps et un
drap de bain, les draps ne sont pas repassés, il me
prie de l’excuser, que de gentillesse.
Il m’explique que ce mobil homme leur a servi de
maison le temps qu’ils retapent les bâtiments de la
ferme son épouse et lui : ils ont trois enfants, je
ne les verrai pas, ils sont internes, ici c’est loin
de tout. Son épouse rentrera tard et je ne ferai pas
sa connaissance, elle travaille, et moi je suis au
lit au plus tard à vingt et une heures.
Je suis contente d’être arrivée, le temps se gâte,
l’orage se déchaîne, je suis bien, à l’abri, seule.
L’étape du jour est de vingt-six kilomètres, je suis
étonnée de l’avoir faite aussi facilement, c’est la
grande forme.
J’ai de la chance, je n’ai pas encore été mouillée,
il pleut la nuit ou lorsque je suis arrivée : le
ciel est avec moi.
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14 Mai, Ardentes.
Départ
huit heures, le temps est gris, il y a un vent de
face, dur dur, l’étape est courte, seize kilomètres.
Je ne souhaite pas prendre de jour de repos, si la
fatigue se fait sentir je ferai des étapes plus
courtes comme aujourd’hui : Je n’ai pas le choix, il
n’y a pas d’hôtel ou de gîte a trente kilomètres à
la ronde, donc demi repos forcé.
J’arrive à midi trente, en plein service, mon hôte
est charmant. Il me fait conduire à ma chambre puis
il me propose de manger ensuite, ce que je fais. A
ce moment il est plus disponible, et il me pose les
habituelles questions sur le pèlerinage devant un
apéritif offert par la maison. Repas excellent et
copieux, une sieste s’impose…..
Le soleil montre le bout de son nez et m’engage à
faire une visite au centre ville, je ne me fais pas
prier.
Le soir le patron me demande s’il peut me mettre à
la table d’un cycliste qui vient d’arriver,
oui, on pourra papoter. Ce qui ne manque pas de se
produire, ce monsieur, une bonne soixantaine,
parcourt la France à vélo. Deux mois par ans il part
sur les routes, il fait des grands axes, il a déjà
fait Lille Marseille, Strasbourg Biarritz.
Cette année il est parti de Brest et espère arriver
à Toulouse. Santiago l’intéresse, il me pose des
questions sur mes motivations et l’itinéraire que je
suis. Nous regagnons nos chambres de bonne heure,
nous partons tôt demain matin, les jours rallongent
et je vais faire en sorte de réaliser le maximum de
l’étape le matin pour éviter la chaleur qui est
annoncée.
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