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11 mai, Bourges.
Je
suis préoccupée par mon itinéraire, il faut que je
trouve une carte de la région pour refaire cette
portion de parcours, je verrais cela à Bourges.
C’est la forme, je me sens bien, les mollets encore
un peu raides mais par rapport aux premières étapes
il y a une nette amélioration et je me prends à
espérer. Qui sait j’arriverai peut-être à Santiago !
Beau temps ce matin, du vent, mais ce n’est pas
désagréable, la campagne est belle, très plate et
des céréales à perte de vue, cette région s’appelle
la Beauce berrichonne.
Les Hollandais sont partis d’un pas rapide comme
toujours mais je les rattrape avant Bourges, ils ont
lézardé en chemin. Ils doivent y rester deux ou
trois jours, leurs filles doivent les rejoindre
pour fêter leur anniversaire de mariage.
Dix kilomètres avant Bourges un monsieur de Vesoul
me rattrape, il reste avec moi jusqu'à la
cathédrale Saint Etienne que nous visitons
ensemble, vitaux, horloge astronomique, grandes
orgues, participent à sa splendeur. Entourée de
maisons à pans de bois, témoignage de la ville
médiévale que fut Bourges, l’endroit est de toute
beauté.
Que dire de plus, sur cette merveille gothique,
inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis
1992 ? Tout a déjà été dit et je préfère m’imbiber
de sa paix, de ses courants, de sa force….Dans le
silence.
Ce monsieur reste à Bourges, moi je continue un peu,
pour réduire l’étape de demain, je choisis quand
c’est possible un village, je m’y sens plus a l’aise
que dans une ville. Ce soir je dors à l’hôtel, il
n’y a pas de gîte.
Les personnes qui sont à l’accueil sont très
intéressées par le pèlerinage. Elles me posent
quantité de questions, elles veulent tout savoir sur
Saint Jacques de Compostelle. Je réponds du mieux
que je peux, mais j’ai toujours mon sac sur le dos,
et je rêve d’une douche, il fait très chaud. Enfin
on me tend ma clé, quel plaisir, un peu de repos
sera le bienvenu. Comble de luxe, il y a une
baignoire, alors là j’adoooore, plaisir, détente, et
repos.
Chouette ! je suis dans mon bain,
Shampoing et…. Ah ! Il y a même un sèche-cheveux ! .
Je me sens bien, le confort tout de même, ce n’est
pas mal !
Une balade dans le bourg me détend. J’aime beaucoup
l’atmosphère qui se dégage de nos villages, ensuite
je mange sur l’herbe, un petit pique-nique. Il n’y a
pas d’obligation de repas avec la chambre, c’est un
« accueil pèlerin ».
Sur la voie de Vézelay, il y a moins de passage que
sur le chemin du Puy en Velay. C’est dommage, les
régions traversées n’ont rien à envier à d’autres
régions de France et le parcours est très bien
balisé. C’est un plaisir de se retrouver le soir à
l’étape avec deux ou trois pèlerins et même si je
suis souvent seule,
cela ne me gêne pas, j’aime aussi la solitude.
La nuit est belle et le repos réparateur.
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12 mai, Chârost.
Soleil,
belle journée en perspective, je pars le cœur plus
léger que le sac, la campagne est belle, j’aime
cette solitude et cette liberté que j’ai sur le
chemin. Les rencontres sont agréables, riche en
échanges de toutes sortes.
Retrouvailles avec les Hollandais qui finalement ne
se sont pas arrêtés à Bourges leurs filles n’ayant
pas pu venir, peut-être le week-end prochain à
Châteauroux…
Ils choisissent de dormir à l’hôtel et moi au gîte,
je vais à la mairie prendre les clés. Accueil
chaleureux de Monsieur le Maire et de sa secrétaire,
ils s’intéressent à l’étape, la signalisation et
l’état du chemin.
Mes appartements aujourd’hui se trouvent au-dessus
de l’école primaire, un petit bonjour à
l’instituteur en passant, lui aussi habite ici, si
j’ai besoin de quoi que ce soit, surtout que je
n’hésite pas, il me rendra service avec plaisir.
Nous parlons du pèlerinage…..
La pierre rouge utilisée pour la construction de
l’église romane Saint Michel, réchauffe le bourg de
sa présence. La balade dans les petites rues est
très agréable, les gens sympas. Une pluie fine me
fait écourter ma promenade, je rentre au gîte.
Rituel du jour, repos, lecture, puis je sors faire
quelques achats, ce soir je suis seule, je m’offre
une petite douceur, un gâteau avec plein de
crème…Péché de gourmandise, ce n’est pas bien pour
une pèlerine me direz-vous.
Gentille petite ville où les gens vous sourient,
comme ça, sans raison. J’ai aimé cette étape.
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