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9 mai, Bondonnat.
J’ai
quitté La Charité sur Loire à sept heures trente,
mes compagnons d’un soir sont partis plus tôt en
direction de Nevers. La journée est magnifique,
cette marche paisible me procure beaucoup de
plaisir.
J’achète du pain et du pâté à Sancergue, le
commerçant est intéressé par le pèlerinage. Nous
parlons de l’itinéraire de Vézelay, en fait, il y a
deux possibilités, passer par Nevers ou, par Bourges
la voie que j’ai choisie. Pourquoi l’ai-je choisie ?
Je pensais qu’en passant par Nevers le terrain
serait plus accidenté, plus difficile et je ne suis
pas une grande sportive.
Un peu plus loin un chemin ombragé m'encourage à
faire une halte. Je m’installe pour manger. Après ce
repas trois étoiles, une sieste s’impose. Deux
heures plus tard je me réveille requinquée, il faut
reprendre le sac et la route. Madame et Monsieur P….
m’attendent. Aujourd’hui j’ai choisi un accueil chez
l’habitant, le premier.
Je suis reçue très chaleureusement, café et gâteau
aux noix maison, un régal. Ils ont un peu plus de
soixante-dix ans et sont ravis de recevoir des
pèlerins de temps en temps. Ils habitent un ancien
moulin, madame P…. me conte l’histoire de sa
famille, du village et de la vie d’autrefois. Elle
me conduit à ma chambre, après le rituel du jour, je
m’installe dans le Jardin pour écrire mes notes que
je compte relire plus tard, à la maison, ainsi que
quelques cartes postales.
Monsieur P…. arrive un peu plus tard, c’est un homme
très chaleureux, il me parle d’élevage car j’ai
remarqué des vaches blondes à tête brune, absolument
superbes dans les près alentours.
J’aide la maîtresse de maison à mettre le couvert
quand le téléphone sonne. Un jeune pèlerin est
annoncé, pas de problème nous mettons une assiette
en plus. Il y a un lit dans la chambre des petits
enfants. Voilà qui fera le bonheur de ce jeune homme
qui marche depuis Dunkerque, par étape de quarante
kilomètres.
Au menu, il y a de la soupe, du pâté, des pâtes, et
un far breton. Le tout offert avec gentillesse et
bonté.
Longue et très agréable soirée, à évoquer des
souvenirs autour d’une bonne bouteille de Sancerre.
A vingt-deux heures trente il est tant de penser à
dormir.
Toute la maisonnée est debout à six heures. Après un
petit déjeuner copieux en famille, monsieur P…. ,
nous invite, Olivier et moi à voir toute la
machinerie et les engrenages du moulin. Le tout en
très bon état, et prêt à reprendre du service, c’est
impressionnant, mais nous dit-il, « je ne le verrai
plus tourner, et après moi…. ». Nostalgie.
Avant de partir, Monsieur P….. nous leste de
quelques pommes pour la route. Une photo et ce sont
les adieux, ah ! Ces adieux sur le chemin, j’aurai
du mal à m’y faire, c’est bizarre comme on peut
s’attacher à des gens qu’on n’a jamais vus et qui
tout à coup prennent de l’importance dans votre
cœur. Il y a des gens que j’ai eu de la peine à
quitter et pourtant nous n’avions passé que quelques
heures ensemble.
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10 mai, Brécy.
Je
suis partie avec Olivier le jeune Pèlerin arrivé
tard hier, il fait une moyenne de quarante
kilomètres par jour, il vient de Dunkerque, il a
vingt ans, inutile de dire que je suis vite
distancée, une bise et encore un adieu, je ne le
reverrai pas, mais je lirai un message
d’encouragement sur un livre d’or quelques étapes
plus loin, émotions….
Bonne journée, mais la fatigue se fait sentir, je
m’arrête à Bougy pour acheter de quoi me restaurer,
à la sortie du village un jardin public m’offre
l’ombre de ses arbres, un banc m’invite au repos, je
ne peux pas refuser.
Un cantonnier tond la pelouse, quand il me voit
sortir mon pain et mon couteau il s’arrête et vient
casser la croûte près de moi. Nous discutons, je lui
dis l’espoir que j’ai d’arriver à Saint Jacques sans
trop de dommages, il me parle de son village et des
pèlerins qu’il a rencontré tout au long des chemins
de sa commune. C’est l’heure pour lui de reprendre
sa tondeuse et moi mon sac. Nous fermons nos
couteaux, nous nous souhaitons bon courage, adieu
pèlerine, adieu cantonnier.
Encore dix kilomètres, je suis à Brécy à quinze
heures trente, je prends les clés chez
« Claudette », un restaurant ou je suis en ce
moment, j’en profite pour prendre un thé et jeter
quelques notes sur mon carnet. Le gîte se trouve
au-dessus d’une salle de sport avec des sanitaires
impeccables, quel bonheur !!!! Gîte gratuit, le
linge de toilette est fourni, c’est rare en France.
J’ai le plaisir de voir arriver peu après, le couple
de Hollandais avec qui j’étais à Arbouse. Après un
échange de nos expériences respectives, et un repos
bien mérité, nous sortons visiter le village. Notre
estomac nous rappelle qu’il est l’heure du repas.
Nous dînons ensemble chez « Claudette », quel
repas !!! Les entrecôtes ont du mal à tenir dans
l’assiette, quel coup de fourchette il a ce
monsieur et le vin est bon, ils sont un peu gais
quand nous rentrons, ils n’engendrent pas la
mélancolie….Ils sont vraiment sympas.
Demain il faut que j’étudie mon itinéraire car je ne
souhaite pas continuer en direction de Châteauroux,
trop de zones industrielles. Je vais voir s’il est
possible de passer par Ardentes.
Sur ces pensées, je m’endors, mes rêves me portent à
Santiago…..
A suivre ...
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