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2 Juin, Retjons.
Nous sommes partis de bonne heure grâce
à l’idée de Gérard. A six heures trente nous
sommes sur le chemin ; très belle balade dans la
forêt ; vingt-cinq kilomètres parmi les pins et les
chênes, pas une maison, pas un village, que la
nature et les oiseaux. Gérard est parti devant
depuis longtemps. Je déguste un croissant quand je
vois un chevreuil arriver tout en broutant ; il me
voit, s’arrête puis il continue son repas et moi
mon croissant. Je reste un moment en sa compagnie,
puis, je reprends mon sac et m’éloigne ; lui ne
bouge pas, après tout il est dans son domaine.
C’est vraiment merveilleux une rencontre comme
celle-ci, elle ne se serait sans doute pas produite
si nous avions été plusieurs ; nous aurions parlé et
il ne se serait pas montré. Je suis heureuse d’être
seule, cinq heures de vraie solitude, de plaisir, de
senteur de résine, de bonheur.
Le bonheur, c’est ça, être en paix avec soi-même
dans un endroit merveilleux que l’on aime ; il fait
beau, je suis en forme, que demander de plus ? La
personne aimée près de moi ? C’est du domaine de
l’impossible alors autant essayer de ne pas y penser
trop souvent. Hier c’était le bonheur à deux,
aujourd’hui c’est celui que je trouve en marchant
sur les chemins de Saint Jacques et demain ? Demain,
eh bien ! Je prendrais ce que la providence me
donnera, je lui fais confiance.
J’arrive à Retjons à treize heures trente, le gîte
est ouvert, Gérard est là, il va au restaurant,
c’est un petit
« bar-tabac-journaux-épicerie-restaurant-point-poste »
J’ai mangé en route, j’irais ce soir : oui il peut
dire à la dame de prévoir deux repas. Non demain je
ne fais pas l’étape prévue, je suis fatiguée et je
m’arrêterai à Roquefort.
J’ai décidé d’être fatiguée et de faire une
demi-étape, je suis en avance sur l’itinéraire que
je m’étais fixé.
Cela permettra à Gérard de prendre de l’avance, il a
un calendrier à respecter, et moi je souhaite être
seule et décider moi-même de ce que je veux faire.
Gérard poursuit jusqu’à Bougues, j’y serai un jour
plus tard.
Solitude et Liberté.
Il fait très chaud, mon linge sèche en une heure,
l’endroit est très calme même les oiseaux sont
silencieux, la chaleur écrase tout le monde. Un
chien à l’attache devant le
gîte ouvre un œil, baille, épuisé par cet effort
se rendort.
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3 Juin, Roquefort de Marsan.
Adieu à Gérard, il part à six heures
trente et moi je fais la grasse matinée, j’ai le
temps, je n’ai que dix kilomètres à parcourir. Nous
avons échangé nos numéros de téléphone .
Je lis un peu dans mon lit, bonheur simple mais
apprécié. Café au lait, je déjeune tranquillement,
puis je fais le ménage dans le gîte. A huit heures
je prends mon sac, la balade est merveilleuse,
calme, soleil, je suis en paix avec moi et le monde.
J’arrive à Roquefort de Marsan à dix heures trente.
J’achète un croissant et m’installe à la terrasse
d’un café avec un thé. La petite place où je suis,
est toute mignonne, il y a des commerces tout
autour, des arbres nous protègent du soleil qui
est déjà ardent.
Aujourd’hui je flâne, j’écris quelques cartes
postales, je parle avec une dame qui me pose des
questions sur le pèlerinage, il y avait un moment
que cela n’était pas arrivé, mais il faut dire que
dans la forêt je ne rencontrais vraiment personne.
Je vais chercher mes clés dans un bar restaurant et
je prends possession de ce gîte gratuit, situé à
coté d’une école de musique. Je profite des couacs
des élèves une bonne partie de l’après midi. Balade
en ville, au bord d’un cours d’eau c’est très
agréable, il fait toujours très chaud, je suis
contente, j’aime cette chaleur.
Cette lumière un peu violente ne me gène pas, j’aime
aussi le silence de la nature engourdie, voilà, tout
est bien, je suis bien….
Ensuite quelques achats et un peu de lecture
occupent le reste de l’après midi. Je suis seule,
pas d’autres pèlerins à l’horizon, du coup je
m’offre le luxe d’une deuxième douche, plaisir !
Repas et au lit à vingt heures trente.
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