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25 Mai, Périgueux.
Petit
déjeuner avec mes hôtes avant le départ, croissants
et confitures maison. Je pars à huit heures trente,
c’est trop tard, j’arrive à Périgueux à seize heures
trente, je marche en pleine chaleur. Ce n’est pas
bien il faut que je parte plus tôt le matin. Dommage
pour le petit déjeuner, je mangerai un croissant en
route.
Journée calme, sans état d’âme, Je marche seule
depuis que j’ai quitté François; je ne retrouve
aucun pèlerin le soir, la voie de Vézelay est peu
fréquentée, c’est bien comme ça….
Ce soir je demande l’hospitalité à la maison
diocésaine de Périgueux. Énorme bâtisse, des
couloirs à se perdre, des ascenseurs, des salles de
repos et un réfectoire immense. Heureusement il y a
une petite salle à manger pour les prêtres à la
retraite, c’est là que je prends mon repas avec l’un
d’eux, il a quatre-vingts ans.
Un jeune homme de dix-neuf ans étudiant en
hôtellerie se joint à nous ; Conversation autour de
Saint Jacques. Peu après, un prêtre nous retrouve,
quand il apprend que je viens d’Auxerre, il me
demande si je connais Guy Roux qu’il adore.
Ah ! Guy Roux figure emblématique d’Auxerre, à
chaque fois que je cite cette ville, a chaque fois
c’est son nom qui revient, Cadet Roussel est
détrôné.
La magnifique cathédrale Saint Front, au cœur de
Périgueux a subit bien des transformations au cours
de l’histoire. Les guerres de religions et la
Révolution sont à l’origine de bien des
bouleversements.
C’est à l’église Saint Etienne que je trouve enfin
l’âme du pèlerinage. Ancienne cathédrale de
Périgueux jusqu’en 1669. Elle fut construite au 12e
siècle et elle a vécu l’âge d’or de la
pérégrination.
Les petites rues de la vieille ville sont également
le témoignage d’une vie très active dans les siècles
passés. Le nom des rues et de certains commerces
sont évocateurs de métiers disparus.
Je vais faire une petite visite aux jardins de la
maison diocésaine avant de regagner ma chambre où je
suis seule. La soirée est chaude, je voudrais partir
de bonne heure demain ; mais les portes n’ouvrent
qu’à sept heures.
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26 Mai, Saint Astier.
Je quitte ma chambre à six heures
quarante cinq, je passe par le centre ville pour
faire une dernière visite à la cathédrale Saint
Front, mais elle est fermée.
Dans le dédale de la vieille
ville qui est remarquable, j’ai enfin trouvé
l’esprit du pèlerinage, j’ai senti la présence de
tous ceux qui sont passés là avant moi. Pries pour
nous à Compostelle me disent-ils, les vieilles
pierres qui en ont tant vu de ces pèlerins
m’encouragent aussi… Ultreia….
Je sais, je me répète,
cependant depuis que j’ai quitté Vézelay c’est la
première fois que j’éprouve cette sensation d’être
en pèlerinage.
Néanmoins, comme dans toutes les grandes villes il
faut en sortir. Je peste contre cet itinéraire, mes
ancêtres pèlerins passaient-ils par ici ? Peut-être,
mais l’environnement n’était pas le même, les zones
industrielles n’étaient pas encore sorties de terre.
Allons, il ne sert à rien de maugréer, avances et
prends le chemin comme il vient !
Il fait chaud, très chaud. A quelques kilomètres aux
portes de Périgueux, je visite l’abbaye romane de
Chancelade, fondée au 12e siècle par un
moine ermite. L’ermitage remanié au cours des
siècles, est devenu un centre religieux très actif.
L’abbaye est entourée de parcs et de jardins ; C’est
un bonheur de se reposer dans ce havre de paix et de
fraîcheur. La région est superbe, même sous ce
soleil de plomb.
Première erreur, ce matin je n’ai pas pris assez
d’eau (eh ! Oui Henri), toujours à cause du poids.
Il me tarde d’arriver dans un village pour faire le
plein. Quelques kilomètres plus loin j’aperçois un
cimetière, cela me fait faire un petit détour ;
qu’importe, j‘ai soif et il y a toujours de l’eau
potable dans les cimetières, je remplis ma poche à
eau.
Y a-t-il meilleur que l’eau ? Hum ! Je vous vois
sourire mes Amis…. Pensez-vous à la
cerveza ?
A Saint Astier, je suis chez un jeune couple que je
ne verrai pas, lui est en déplacement et elle en
réunion à quelques centaines de kilomètres de là.
Qu’a cela ne tienne, les clés sont accrochées à un
clou derrière un pot de fleurs, je rentre et je fais
comme chez moi, il y a à manger dans le
réfrigérateur, ma chambre est prête.
En lisant le livre d’or, je vois que Raymond, un
ami, est passé là le vingt et un août deux mille
quatre, un an avant moi. Demain matin, il me suffira
de mettre la clé où je l’ai trouvée sans oublier un
mot de remerciement pour cette hospitalité et cette
confiance.
Recevoir une personne que l’on ne connaît pas chez
soi, c’est déjà beaucoup ; mais prêter sa maison en
son absence, c’est extraordinaire. La confiance que
ces gens m’ont accordée me touche beaucoup.
A
sept kilomètres avant Saint Astier, il y a un
panneau, « Compostelle 1107 kilomètres » il ne me
reste plus que 1100 kilomètres pour arriver à Saint
Jacques…
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